Explore "Herod Suppliant" by Oscar Wilde on Textopian. Read with annotations and highlights.
Non, non, vous ne voulez pas cela. Vous me dites cela seulement pour me / faire de la peine, parce que je vous ai regardee pendant toute la soiree. / Eh! bien, oui. Je vous ai regardee pendant toute la soiree. Votre / beaute m'a trouble. Votre beaute m'a terriblement trouble, et je vous ai / trop regardee. Mais je ne le ferai plus. Il ne faut regarder ni les / choses ni les personnes. Il ne faut regarder que dans les miroirs. Car / les miroirs ne nous montrent que des masques. Oh! Oh! du vin! j'ai / soif. Salome, Salome, soyons amis. Enfin, voyez. Qu'est-ce que / je voulais dire? Qu'est-ce que c'etait? Ah! je m'en souviens! . / Salome! Non, venez plus pres de moi. J'ai peur que vous ne m'entendiez / pas. Salome, vous connaissez mes paons blancs, mes beaux paons / blancs, qui se promenent dans le jardin entre les myrtes et les grands / cypres. Leurs becs sont dores, et les grains qu'ils mangent sont dores / aussi, et leurs pieds sont teints de pourpre. La pluie vient quand ils / crient, et quand ils se pavanent la lune se montre au ciel. Ils vont / deux a deux entre les cypres et les myrtes noirs et chacun a son esclave / pour le soigner. Quelquefois ils volent a travers les arbres, et / quelquefois ils couchent sur le gazon et autour de l'etang. Il n'y a pas / dans le monde d'oiseaux si merveilleux. Il n'y a aucun roi du monde qui / possede des oiseaux aussi merveilleux. Je suis sur que meme Cesar ne / possede pas d'oiseaux aussi beaux. Eh bien! je vous donnerai cinquante / de mes paons. Ils vous suivront partout, et au milieu d'eux vous serez / comme la lune dans un grand nuage blanc. Je vous les donnerai tous. / Je n'en ai que cent, et il n'y a aucun roi du monde qui possede des paons / comme les miens, mais je vous les donnerai tous. Seulement, il faut me / delier de ma parole et ne pas me demander ce que vous m'avez / demande. -- _Salome_.